Potosi, Sucre et les villages jalq'a

Potosi


Après notre petite semaine en Amazonie, nous avons rejoint la ville de Potosi, bien plus au sud du pays et située à un peu plus de 4000m d'altitude. Changement de décor donc mais aussi de climat ! On a ressorti nos doudounes mais on n'est pas mécontents d'avoir un air un peu plus sec :-)

L'escale dans cette ville est de courte durée : un jour et demi sur place. Comme souvent, la première matinée est consacrée à récupérer de la nuit dans le bus puis on part à la découverte de la ville qui est bien animée. Potosi est surtout réputée pour ses mines aux alentours, qui constituaient la principale richesse du pays au temps des espagnols. Celles-ci se sont un peu appauvries depuis le siècle dernier et, bien que l'activité demeure toujours au centre de l'économie locale, la ville n'a plus la grandeur qui faisait sa renommée mondiale aux siècles précédents.
En ce qui nous concerne, nous avons fait le choix de ne pas aller visiter ces mines, on se contentera de balades dans le centre de la ville.

La ville est donc typiquement de style colonial, surplombée par le Cerro Rico, la montagne dans laquelle les mines sont exploitées. Le centre est joli, bien qu'un peu défraichi, et surtout bien animé. Il y a une quantité surprenante d'étudiants dans les rues, la plupart des nombreuses églises ayant été réhabilitées en collèges.

On a profité de cette après-midi culturelle pour aller visiter la Casa de la moneda, l'ancien établissement qui fabriquait la monnaie grâce aux métaux extraits des mines locales (principalement de l'argent), devenu depuis un musée.
On y a appris beaucoup de choses intéressantes et on a mieux compris la place stratégique qu'occupait cette ville à l'époque coloniale.







Sucre

Notre séjour à Sucre a plutôt été consacré à faire une petite "pause" dans notre voyage. En effet, on avait repéré depuis longtemps cette ville comme point de chute potentiel pour passer quelques jours de repos et on ne s'en est pas privé, après presque 3 mois de voyage.
Nous avons passé une grosse semaine dans cette jolie ville. Nous logions chez le consul honoraire de France, et on avait un peu l'impression d'être chez nous dans cet appartement avec petite cuisine et terrasse à disposition !
On a donc profité du séjour pour se reposer, prendre des cours d'espagnol (3h/jour pendant 5 jours) mais aussi se concocter de bons petits plats.
Sucre est vraiment charmante, toute blanche, avec une place principale très agréable. Le centre ville reste de taille raisonnable et les ruelles sont très agréables pour flâner. Cependant, on l'a presque trouvée un peu "endormie" pour une capitale. Rien à voir avec La Paz ou Lima, ici c'est vraiment très tranquille.
L'actualité politique au moment de notre séjour était assez intéressante puisque le tribunal constitutionnel venait de donner son accord au président actuel pour se présenter pour un 4ème mandat (ce qui est en opposition avec la constitution bolivienne). Un référendum avait été organisé plusieurs mois auparavant et la population bolivienne s'était opposée à ce que le président actuel, Evo Morales, puisse se représenter. Autant dire qu'il y avait de l'ambiance dans les rues à l'annonce de ce retournement de situation ! La ville de Sucre est particulièrement inscrite dans "l'opposition" au gouvernement actuel et les personnes avec qui nous avons pu discuter avaient un avis très tranché sur la question, notamment notre prof d'espagnol. Cela a rendu les cours d'autant plus intéressants !






La cordillera de los frailes et les villages jalq'a

Après cette petite semaine de "repos" à Sucre, nous sommes partis deux jours en randonnée, dans une vallée adjacente de la ville de Sucre, à la découverte des villages jalq'a. Ce sont plutôt des hameaux que des villages et il ne sont accessibles que par un bus qui passe dans la journée où grâce à des camions de chantiers situés aux alentours.
La vie dans ces villages est restée assez traditionnelle, et les habitants sont connus pour confectionner de superbes tissages, aux motifs rouges et noirs.
Nous sommes donc partis un matin, en colletivo, direction la chapelle de Chatakila, point de départ de la randonnée. Au départ de Sucre, le ciel est très menaçant mais les prévisions météo sont optimistes et on décide de maintenir notre programme. Une fois dans le bus, 1h30 après, ça ne s'arrange guère. Les nuages sont bas et épais, si bien que lorsque le bus nous dépose au détour d'un virage, on a juste l'impression d'être au milieu de nulle part, perdus dans la brume... Chouette, une petite rando dans des conditions climatiques intéressantes, ça faisait longtemps !
On rejoint très vite le début du chemin inca, qui va nous permettre de descendre dans la vallée. Et là, magie, à peine 50m de descendus, on passe sous le nuage et on profite de la vue sur toute la vallée ! Le climat est vraiment différent d'une vallée à l'autre, on a bien fait de persévérer !

Contrairement à ce qu'on avait lu dans les guides, on trouve ce chemin Inca très sympa, et bien entretenu. Il n'a pas grand chose à envier à ceux qu'on a empruntés au Pérou !





Plus on descend, plus les nuages se dissipent... et plus la chaleur s'installe ! Passé le hameau de Chaunaca, on trouve un coin à l'ombre pour pique-niquer. A peine engloutis nos sandwichs, une dame qui remonte le sentier à pied nous interpelle et nous propose de faire la suite du chemin ensemble jusqu'à Maragua. Elle semble bien chargée et nous explique qu'elle rejoint le village suivant pour assister à la fête de fin de collège de sa fille qui étudie là-bas. Sacrée institution en Bolivie ces fêtes de fin d'étude, on s'en est rendu compte aussi bien dans ces villages qu'à Sucre, où toutes les familles sont sur leur 31 pour cette soirée.

Thibaut donne un coup de main pour l'aider avec ses sacs, il faut dire que la nourriture qu'elle transporte (pastèques, riz, etc.) doit peser au moins autant que nos sacs à dos. Après plusieurs pauses sur la fin du trajet, la fatigue se faisant sentir, on arrive finalement à Maragua vers 17h. La lumière est belle et nous offre une jolie vue sur les formations rocheuses de ce synclinal. Grâce à Noémie, Thibaut savait qu'il en existait un en France, à Saou (en drôme), mais pour ma part c'est un mot que j'ai découvert à l'occasion :-) (sorte de "cratère" dans le langage plus commun).





La mère de famille rejoint le pensionnat où loge sa fille, sans oublier de nous inviter à la fête de l'école le lendemain.
De notre côté, il faut chercher un logement pour la nuit puisqu'on a fait le choix de ne pas emporter la tente. Il y a en effet pas mal de logements communautaires à disposition... reste à trouver le gérant de chacun d'entre eux dans ce village qui semble vraiment désert ! A cette heure ci tout le monde travaille encore dans les champs, il n'y a pas grand monde dans les rues. Il va donc nous falloir patienter encore une bonne heure le temps que la journée de travail des villageois se termine. Le temps de boire une petite Pacena sur la place du village...

On s'installe finalement dans l'une des auberges, c'est plutôt confortable et on est seuls. On peut donc profiter de la cuisine pour se préparer un bon plat de pâtes !
On file se coucher, demain il faudra se lever tôt pour assurer le transport de retour vers Sucre...
Réveil naturel vers 5h du matin, au son du tonnerre qui gronde et à la lumière des puissants éclairs qui cisaillent la nuit. Bon, pour le départ matinal, c'est mal parti, on peut déjà décaler le réveil d'une heure.
La pluie est encore battante vers 7h du matin, on reste tranquillement à l'abri en réfléchissant aux options qui s'offrent à nous pour rejoindre Sucre. On a l'air bien partis pour rentrer directement en bus à Sucre, sans faire le détour par le village prévu initialement, Potolo.
Finalement, la pluie finit par se calmer et on reprend le chemin, même si c'est un peu plus tard que prévu. Il faut maintenant remonter du synclinal, puis marcher quelques bons kilomètres jusqu'à Potolo. Sur notre chemin, les couleurs des roches et les paysages sont superbes, décidément cette rando vaut vraiment le coup ! Le chemin est en fait une piste non empruntée par les voitures, ça monte tranquillement et les panoramas sont vraiment beaux, on n'est pas déçus ! Heureusement que la pluie s'est calmée.






Après 5h de marche, dont une bonne partie sous un soleil de plomb, on rejoint le village assez mignon de Potolo. Ici aussi la fête de fin d'année bat son plein ! On est rapidement rassurés en apercevant quelques collectivos sur la place principale et, comme ils ne partent que dans 1h, on a même le temps de pique-niquer en profitant du paysage. On se croirait presque en provence ici : montagnes arides, jolie place de village, et champs d'arbres fruitiers. Encore un nouvel environnement dépaysant !

Finalement, après seulement 2h de route, nous voici de retour à Sucre. On passe une dernière nuit chez le consul honoraire avant de rejoindre le sud du pays, direction Tupiza.


PS : Joyeux Noël à tous, on pense bien à vous depuis le nord de l'Argentine !

Commentaires

  1. Magnifiques paysages qui changent sérieusement de l Amazonie ... bonne route pour la suite ,si mes renseignements sont bons avec Sophie et Pierre et bonnes fetes de fin d annee avec un 2018 toujours aussi enchanteur
    Bisous a tous Danielle

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  2. Toujours de superbes couleurs...moi aussi j'ai appris un mot, je suis pas sûre de retenir....
    Joyeux fêtes en Argentine , à quatre donc.

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    1. Ah ça me rassure je suis pas la seule à découvrir ! ;-)

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  3. MAGNIFIQUE ! Joyeux Noël et que du bonheur (c'est déjà bien partie ...) pour cette année 2018 ! bises
    Les Hoareau

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    1. Merci la famille Hoareau ! En effet 2018 va bien commencer, aussi bien que 2017 s'est terminée :-) Beaucoup de bonheur à vous aussi pour cette nouvelle année, bisous !

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  4. Si vous avez d'autres questions d'ordre géologique, demandez à l'experte
    Bises aux parents Pagnerre, et bonne année à tous !!
    nono

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