Notre premier 6000 ! Huayna Potosi - 6088 m
La Paz
Les quelques jours passés au bord du lac Titicaca nous ont tellement donné envie de nous rapprocher de la cordillère royale que notre prochaine étape nous a conduit directement à La Paz, capitale de la Bolivie et lieu idéal pour organiser des treks dans cette fameuse cordillère.
Malheureusement, en arrivant, les prévisions météo nous ont vite refroidis : pluie, neige, orages pour les jours qui venaient. Nous sommes donc restés quelques jours supplémentaires dans la capitale le temps que les conditions s’améliorent. Et pour être honnêtes, ces quelques jours (six au total), nous ont paru interminables…
Bien que la localisation de la ville soit vraiment sympa, au pied des montagnes, on n’a pas du tout accroché avec cette gigantesque capitale (comme ça avait pu être le cas pour Lima). On n’a trouvé aucun charme à l’architecture de la ville, pas d’espaces verts, peu de petites places sympas, marchés sans plus… et on n’a jamais vu autant d’hommes bourrés dans la rue à toute heure du jour ou de la nuit. Ajoutez à ça la circulation infernale et la pollution… Non, vraiment, ça n’a vraiment pas été notre tasse de thé !
Au programme de ces quelques jours : visite rapide de la ville, montée jusqu'au gigantesque marché d'El Alto, shopping souvenirs (pour le coup on a trouvé des trucs vraiment sympas !), repos, coups de fil à la famille et organisation des prochains jours une fois le soleil revenu !
On avait déjà repéré plusieurs treks dans la cordillère, qu’on souhaitait faire en autonomie, mais on est tout de même passé voir des agences histoire d’avoir des informations complémentaires.
Il faut savoir qu’ici, l’attraction n°1 de la cordillère c’est l’ascension du Huayna Potosi, un sommet à 2h de route de La Paz, qui culmine à 6088m et qui est réputé pour être “un des 6000 les plus accessibles” (par accessible comprendre : pas de difficulté technique particulière en matière d’alpinisme, il faut quand même pouvoir encaisser ce dénivelé et gérer l’altitude !).
L’idée avait déjà germé dans l’esprit de Thibaut, d’autant plus qu’Antoine et Emilie l’avaient fait quelques jours auparavant et en étaient rentré très enthousiastes (et rassurants !). Pour ma part j’étais beaucoup plus sur la réserve… Faire un 6000 pendant ce voyage oui, mais peut-être pas si tôt et si on peut éviter de mettre crampons/piolet/cordée ça m’irait mieux (surtout que dans la cordillère des Andes, ce n’est pas ce qui manque des 6000m accessibles en chaussures de rando !).
Mais bon, finalement ces quelques jours de stand-by à La Paz ont permis à l’idée de faire son chemin, de discuter avec différentes agences pour avoir toutes les infos et d’avoir le ressenti d’Antoine et Emilie avec qui on a déjà marché et à qui on peut plus facilement s’identifier.
La décision est prise : allons escalader le Huayna Potosi !
(s’en sont suivies de longues nuits sans sommeil et des heures à lire toutes les pires expériences sur les blogs… oups)
On vous épargne le sketch de la recherche de l’agence de voyage pour organiser cette sortie…
Pour faire court, nous avons été mis en garde par une alpiniste française qui a ouvert sa propre agence à La Paz sur la qualité des guides boliviens : certains n’ont aucune formation de guide et encore moins de sauvetage (exemples pas trop rassurants à l’appui). Elle nous a conseillé de creuser un peu plus le sujet et de vérifier que notre guide était bien diplômé une fois qu’on aurait son nom. Bien que l’agence nous ait certifié que tous les guides étaient diplômés par l’association internationale, ça n’était pas le cas. Et cela a quelque peu compliqué nos relations. Bref, l’ascension a été annulé la veille et nous avons changé d’agence précipitamment, en exigeant cette fois dès le départ à voir les diplômes du guide qui nous accompagnerait. Cela n’a posé aucun problème et nous sommes donc partis plus sereinement en compagnie de Pedro, notre guide pour ces 3 jours.
Jour 1 : La Paz - camp de base (4800m)
C’est en compagnie de deux autres français (Emilia et Martin), qui tenteront l’ascension en 2 jours, et de nos deux guides respectifs Pedro et Rodolpho, que nous nous retrouvons à l’agence.
Première étape : récupérer l’équipement. Au menu : piolet, baudrier, sur-pantalon Gore-Tex, moufles, guêtres, cagoule, casque et chaussures d’alpinisme + crampons ! Impressionnant de voir tout ça mais surtout hyper rassurant puisque la commerciale de l’agence ne nous a pas menti : tout est de super qualité (surtout les chaussures qui sont comme neuves).
On prend à présent la route mais on est rapidement bloqué par une manifestation (un bloqueo, grand classique en Bolivie), il faudra patienter une heure avant de quitter la Paz et de rejoindre El Alto, sa banlieue haute.
Les guides font quelques courses sur le chemin et nous on fait le plein de chocolat pour le jour de l’ascension, suivant les conseils de Pedro.
On arrive au camp de base, à 4800m, en voiture : quel luxe ! Un bon repas nous attend déjà, de quoi prendre des forces avant cet après-midi.
On se sépare d'Emilia et Martin, qui partent rejoindre le campo alto dès cet après-midi, après leur avoir souhaité bonne chance. Pour eux, l’ascension c’est déjà ce soir !!
On est contents d’avoir un peu plus de temps pour s’acclimater (on n’était “que” à 3200m à La Paz) mais aussi pour s’entrainer aux techniques d’alpinisme sachant que nous sommes complètement débutants.
Justement, Pedro nous demande de nous équiper, il est temps d’aller pratiquer sur le bas du glacier.
Au moment de quitter le campement, notre guide laisse glisser un piolet, qui vient perforer une bouteille de Coca et arrose tout le local dans lequel on se prépare. Gros éclats de rire, “c’est pour la Pachamama”. En effet, en Bolivie, c’est la tradition de verser un peu de sa boisson au sol, pour la Pachamama (terre mère), pour porter chance lors d’une expédition. Ce n’était pas vraiment voulu, mais Pedro est convaincu que cela va nous porter chance pour demain ! Et nous, on a aussi envie d'y croire :-)
On s’équipe au camp de base et on rejoint le bas du glacier après 20min de marche, juste aux pieds du Huyana Potosi, qui était dissimulé par une colline jusque là. Impressionnant ! Il a l’air si haut et si loin… demain on y sera !
Trêve de rêveries, on chausse maintenant les crampons et on doit attaquer une première pente de 45° ! Il commence fort Pedro ! On n’est vraiment pas à l’aise au départ, difficile de faire confiance à ces petits pics de métal quand la pente est aussi raide et la glace aussi dure. Notre guide nous rassure sur le fait qu’il y aura plus de neige dure que de glace lors de l’ascension du sommet.
On commence à gagner en assurance et en apprend les différentes techniques : méthode française, marche en cordée, passage de crevasse, descente de face. Pour “s’amuser”, on fait même une descente en rappel le long d’un mur de glace de 4m et on le remonte en utilisant le piolet : exténuant pour les novices que nous sommes ! En tous cas, ça a permis de voir comment utiliser ces nouveaux “outils” et de dédramatiser un peu la chose sachant qu’on ne sera pas amené à faire ça le lendemain (en théorie !).
Après avoir posé les dernières questions, nous retournons au refuge du camp de base. Un maté de coca nous y attend avant le repas qui sera servi à 18h30. Je m’endors vers 20h avec un léger mal de crâne persistant (sans doute l’effet du passage de 3200m à 4800m qui n’est pas anodin). Thibaut a plus de mal à trouver le sommeil et s’endort vers 23h.
Objectif en vue et bas du glacier pour s'entraîner |
devant le refuge du camp de base |
là c'est raide ! |
Jour 2 : camp de base (4800m) - campo alto (5280m)
Réveil à 7h30 et bon petit déj après une nuit fraîche dans le refuge (une fois de plus : heureusement qu’on est bien équipés !).
Le programme de la matinée étant libre et surtout consacré à “descansar” (se reposer), on en profite pour retourner à proximité du glacier afin d’apercevoir le sommet qui nous attend et qui nous fascine un peu il faut le reconnaitre. On a du mal à réaliser que cette nuit, on sera au milieu de ce glacier, puis sur cette arête puis tout en haut (normalement !).
On aperçoit même deux condors lors de cette promenade, ce qui est assez rare dans le coin.
Retour au camp de base, on prépare nos sacs avant de déjeuner à 11h tapantes. Il faut commencer à décaler notre rythme.
On commence à voir redescendre ceux qui ont tentés l’ascension cette nuit, ceux qui ont réussis, ceux qui sont exténués… On guette de près l’arrivé d’Emilia et Martin. Rodolpho finit par arriver dans le refuge et, suite à notre questionnement, nous indique qu’ils ne sont pas parvenus jusqu’au sommet : ils se sont arrêtés vers 5600m. Gros coup au moral, même si Pedro essaye de nous rassurer sur nos capacités, on pensait avoir une bonne nouvelle ce matin. On les rejoint à l’extérieur pour avoir leur ressenti. Malgré tout ils ont vraiment pris du plaisir et ont simplement atteints leurs limites physiques sur cette ascension. Ils n’ont pas l’air si déçus que ça et ça nous aide à relativiser.
Il est temps de prendre le chemin du campo alto, c’est parti pour 2h de marche avec les gros sacs à dos et 500m de dénivelé.
Le chemin est très escarpé sur la fin, au milieu de pierriers, il y a même des mains courantes pour s’aider. On passe deux refuges, le notre est encore un peu plus haut et franchement on est ravis : attaquer l’ascension finale au milieu de tous ces cailloux, avec les grosses chaussures d’alpinisme et à 1h du matin : non merci !
On rejoint notre refuge en début d’après-midi, on y est seuls et c’est une vraie fournaise. Le soleil a tellement chauffé la tôle qu’il fait une chaleur difficilement soutenable, “comme à la plage” nous dit Pedro. Ca promet si on a l’effet inverse pendant la nuit…
Thibaut fait une petite sieste, sentant déjà la fatigue dû au manque de sommeil des nuits précédentes. Puis on prend un bon maté, dehors, sur notre "terrasse personnelle", au pied du vrai glacier et surtout du Huayna Potosi.
On est bien au soleil, au calme, on se détend, on profite de la vue et on discute assez longuement avec Pedro qui nous parle de son expérience de guide. C’est une sacrée pointure que l’on a avec nous ! Il est guide en Bolivie mais part régulièrement faire des excursions dans les pays voisins, le Pérou, l’Argentine, le Chili. Il a déjà participé à 4 excursions sur l’Aconcagua, il a gravi l’Ausangate, la face ouest du Huayna Potosi (qui est un immense mur vertical, on le verra bientôt), etc. Il nous explique aussi sa vision de la formation des guides, d’un point de vue national et international et tous les “flous” qu’il peut y avoir sur le sujet. Bref, un moment hors du temps et bien agréable en sa compagnie.
Une fois au campo alto, vue sur le sommet et sur le sentier qui nous attend cette nuit |
avec Pedro |
![]() |
Refuge du Campo Alto |
Puis, il est 17h, déjà l’heure du dîner. Ce soir, c’est plus light. Au menu : soupe de légumes boostée au maïs et à la pomme de terre. Selon Pedro, il n’est pas nécessaire de trop manger : la digestion risque de nous empêcher de trouver le sommeil (sans doute ce qui s’est passé pour Thibaut la veille) et surtout, on risque d’avoir des soucis digestifs lors de la montée à 1h du matin si on demande à notre estomac de travailler alors qu’on fournira un effort intense, à une altitude à laquelle on n’est peu confrontés. On suit donc ses conseils : un bol pour moi (qui n’ai déjà plus très faim), deux pour Thibaut (qui a un peu peur de manquer de forces sinon).
Puis, 18h, tout le monde au lit !
Evidemment, impossible de trouver le sommeil pour l’un comme pour l’autre. Déjà, notre horloge biologique n’est pas habituée à se coucher si tôt. Ensuite, c’est l’un des effets connus de l’altitude de réduire le sommeil. Enfin, on est forcément un peu excités à l’idée de ce qu’on va faire dans quelques heures même si on essaye de ne pas trop y penser (interdiction de cauchemarder de crevasses !!).
Finalement la nuit aura plus été composée de micro siestes, 1h pour Thibaut, deux fois 40min pour moi. Il faut dire que le vent qui soufflait en fortes rafales, associé à la neige qu’on entendait sur la tôle n’ont pas aidé…
Toujours un peu mal au crâne pour ma part… on verra demain.
Jour 3 : l’ascension ! campo alto (5280m) - Sommet (6088m) - La Paz
Réveil à 00h, comme prévu. Il ne fait pas chaud dans le refuge, on a un peu de mal à sortir de nos sacs de couchage mais il est déjà temps d’enfiler nos multiples couches pendant que Pedro prépare le petit déjeuner :
- deux paires de chaussettes,
- un collant thermique, un pantalon classique, un sur-pantalon Gore-Tex, des guêtres,
- un sous-pull thermique, une polaire, une doudoune, une Gore-Tex,
- des sous-gants, des gants polaires, des moufles étanches et coupe-vent,
- un cache col, un bonnet,
- et bien sûr : un casque, une frontale, un baudrier, un piolet, des chaussures Gore-tex et les crampons à la main
Avec ça si on a froid !!?? Et ben, il fallait pas moins !
Le petit déjeuner est léger, toujours suivant les conseils du guide : 2 ou 3 matés de coca + un carreau de chocolat et quelques fruits secs. Biensur, si on le souhaite il y a du cake, de la confiture, des fruits…mais on préfère écouter ses conseils et de toutes façons on n’a pas vraiment faim.
Déjeuner en silence, alors que le vent s’est calmé à l’extérieur et que la météo est parfaite selon Pedro. Puis le dernier briefing : “on y va doucement, comme des tortues, ça ne sert à rien de se précipiter. Ceux qui démarrent vite n’arrivent pas au sommet. Et surtout on prend du plaisir, l’important c’est de prendre du plaisir dans la montagne et si on arrive tout en haut c’est le bonus, pas de pression inutile. On sera en haut qu’on s’en sera même pas rendu compte”. Ca nous va bien comme philosophie et on part motivés comme jamais affronter le Huayna Potosi à 1h20 du matin.
Quand on sort du refuge, le ciel est très clair, on voit une quantité impressionnante d’étoiles. Mais notre attention est vite focalisée sur les frontales des premières cordées qu’on voit déjà gravir la pente.
On chausse les crampons, on s’encorde, vamos !
Pedro prend quasi immédiatement un rythme qui nous convient parfaitement, il nous a bien observé ces deux derniers jours. Petits pas après petits pas, à un rythme toujours régulier, voilà la clé du succès. La corde reste toujours tendue mais ne me tire jamais non plus, il est vraiment à l’écoute de notre rythme. Et quand on a trouvé ce rythme là, on a l’impression que rien ne nous arrête, on n’a pas besoin de faire beaucoup de pauses et on commence déjà à doubler quelques cordées.
On fait une pause au bout d’une heure : un maté de coca bien chaud et bien sucré et un carré de chocolat, ça redonne des forces ! On aperçoit au loin les lumières de la ville d’El Alto, qui scintillent et ont l’air si proches. On est une fois de plus impressionnés par la superficie de la ville.
On a déjà gravi la première partie qui était visible depuis le campo alto, ça montait bien mais régulièrement. Nous voilà sur une pente moins raide mais au loin on devine le fameux “mur”, dont on a entendu tout et son contraire sur son niveau de difficulté. Vu d’en bas, ça semble quand même assez raide. On laisse passer les deux cordées qui nous précèdent puis c’est notre tour. Pedro nous demande de nous mettre directement en technique française (perpendiculaire à la pente) et fixe des points de sécurité supplémentaires à l’aide de vis à glace. Puis, comme ça grimpe encore plus fort, il nous demande de nous servir de notre piolet pour nous agripper à la paroi. Ah ouais ! c’était pas trop prévu ça ! Heureusement qu’on s’est entrainés hier “pour le fun”. On arrive en haut de ce mur contents d’avoir franchi cette étape mais aussi bien fatigués puisque ça a demandé beaucoup d’efforts physiques et une grande attention.
Le sentier repart plus doucement, on franchit, une puis deux puis trois “petites” crevasses. C’était ma hantise mais pas de difficulté particulière et surtout pas de panique incontrôlable, tout va bien.
On croise la première cordée qui abandonne et on commence aussi à voir quelques personnes mal en point sur le bord du chemin.
De notre côté, Thibaut commence à sentir une grosse fatigue mais on s’accroche et on résiste à l’envie de demander combien de temps il reste. Pedro continue à nous encourager en nous disant que notre rythme est très bon et que si on continue ainsi il n’y aura pas de soucis pour aller au sommet. On s’encourage aussi mutuellement entre cordées, puisqu’on arrête pas de se doubler. Il y a des français de haute-savoie, des australiennes qui étaient au camp de base avec nous, des néerlandais qui sont à la même auberge que nous à La Paz,… Très bonne ambiance globalement, à part pour ceux qui commencent vraiment à être dans le dur.
Pour ma part, le mal de crâne est totalement passé depuis qu’on grimpe. J’ai hésité à prendre un cachet avant le départ mais j’ai suivi les conseils du guide qui m’a dit que c’était normal et que ça ne devrait pas empirer. Par contre, plus on monte plus il m’est difficile de manger… Je passe mon tour sur le chocolat (!!??) et me concentre sur le maté hyper sucré. Ca devrait suffire pour aller en haut !
Après plusieurs heures (on ne sait pas, on n'a volontairement pas regardé nos montres), on commence tous les deux à avoir un vrai coup de mou : on sent vraiment la fatigue et les frontales au dessus de nous sur la crête nous semblent hyper loin, alors qu’on étend les premiers cris de joie de ceux qui arrivent au sommet. On commence à douter un peu… Quand on le dit à Pedro, celui-ci nous indique qu’on est déjà à 6000m, qu’il reste 20m de dénivelé pour rejoindre la crête puis seulement 68m pour le sommet ! autant dire que ce n’est pas le moment d’abandonner !
Alors là, c’est bon on est reboostés, on va y arriver c’est sûr ! On a même un peu de mal à contenir notre émotion… On reste néanmoins concentrés parce que pour rejoindre la crête, il y a encore un petit mur à passer. Nouvelles sécurités, petits pas, piolet… Ca y est on a passé le cap. Et la vue est déjà sublime : on aperçoit déjà toute la cordillère royale qui file vers le nord avec ses sommets enneigés, magique ! Encore quelques mètres pour rejoindre le sommet...
Avec les toutes premières lueurs du jour, on aperçoit aussi un gros nuage noir qui arrive progressivement vers nous avec éclairs et tonnerre. Pedro se veut rassurant, on a le temps avant qu’il arrive jusqu’à nous (et en plus, on a fait une offrande Coca à la Pachamama hier !). Il n’empêche que les derniers mètres sur la corniche me semblent interminables, je n’ai plus d’énergie, je n’avance plus, j’ai besoin de pauses toutes les 5min. Thibaut et Pedro m’encouragent. En plus, ce n’est pas le moment de baisser l’attention, la corniche sur laquelle on progresse est étroite et on marche sur un mélange de rochers et de neige (pas idéal en crampons).
Finalement, après 4h30 de montée, à 5h50, nous voilà au sommet du Huayna Potosi !!!
Tellement heureux d’avoir réussi ce défi (que, personnellement, je pensais inconcevable), tellement rincés par l’effort physique qu’on vient de fournir, mais hyper fiers d’y être parvenus !
Gros câlin collectif puis on profite de la vue avant de faire plusieurs photos du paysage magnifique qui s’offre à nous : la cordillère royale, les lagunes juste en bas, El Alto tout illuminé, le lac Titicaca immense même vu d’ici. C’est juste magique !! On en prend plein les yeux et on a l’impression d’être sur le toit du monde (alors que c’est loin d’être le cas !)
On n’a malheureusement pas de “lever de soleil” à proprement parler puisque le gros nuage noir le dissimule déjà. D’ailleurs, à peine 30 min après notre arrivée au sommet, celui-ci recouvre déjà toute la cordillère royale : on a eu de la chance d’avoir cette vue là !
sur la dernière crête, vue sur la cordillère royale derrière |
encore quelques mètres... |
vue sur le lac Titicaca (tout au fond) et les lagunes (en dessous) |
redescente avant que le nuage ne recouvre complètement la montagne |
Il est temps de redescendre, alors que la neige commence à tomber et à s’intensifier rapidement.
Cette fois on lâche les chevaux, les crampons accrochent bien, on peut faire de grandes enjambées et, une fois prudemment passés les murs et crevasses, on déroule rapidement jusqu’au campo alto (en 1h10 !).
Nous voilà de retour à 7h20 au refuge. Pedro nous propose une bonne soupe chaude, et le temps qu’il la prépare on file se reposer sous d’épaisses couvertures. On dort 30min puis il est temps de s’extirper de nos lits douillets pour manger. Il fait toujours aussi froid dans ce refuge et, cumulé à la fatigue, on est gelés. On mange notre soupe pour se réchauffer puis Pedro nous indique qu’on ferait mieux de redescendre tout de suite au camp de base car la tempête de neige dehors ne fait qu’empirer. On serait bien allés se recoucher plutôt…
On refait les gros sacs, on se ré-équipe pour affronter la neige (avec une partie des vêtements encore trempés) et on reprend le chemin jusqu’au camp de base. En effet, il a déjà beaucoup neigé : le sentier est recouvert de dix bons centimètres de neige ! Sur un pierrier, autant dire que ça devient vite galère ! On descend donc très lentement, l’effort de la matinée dans les jambes n’aidant pas.
Finalement, après 2h, on est au camp de base. On est les premiers à y parvenir, Pedro a eu raison de ne pas nous faire attendre plus longtemps là-haut. D’autres groupes sont en train de manger, ils en sont à leur J1, avant de rejoindre le campo alto cet après-midi et ils sont assez contents d’entendre qu’on a réussi l’ascension, même si nos petites mines ne doivent pas forcément les rassurer !
On grignote bananes et fruits secs (l’appétit est revenu !) puis notre taxi est déjà là et il est temps de rentrer à La Paz.
On rend l’équipement à l’agence, on remercie chaleureusement et pour la millième fois Pedro, qui aura été un guide exceptionnel, on achète quelques saltenas pour le déjeuner et surtout on file faire une énorme sieste à l’hôtel !
Quelle expérience inoubliable…
PS : Désolés pour la qualité des photos (vous avez été habitués à mieux !), mais on a fait le choix de ne pas monter le reflex de Thibaut au sommet. Ce sont donc les photos prises avec nos iPhones. Mais rassurez-vous, de notre côté, on a fait plein de “photos mentales” qu’on n’est pas prêt d’oublier !
6088 : Magique !!!!
RépondreSupprimerOn "vit" carrément l'ascension avec vous ... au fil des mots, des photos, du jour qui se lève ...
Félicitations à tous les 2 pour ce beau sommet !
Bravo pour cette prudente préparation, gage d'une partie de la réussite MAIS qui n'enlève rien au mérite.
Et surtout, MERCI de prendre le temps de nous faire partager cette belle aventure
PS : moi aussi, je crois que je vais avoir du mal à trouver le sommeil :-)
Annie
Superbe! Effectivement avec ce récit et ses images, on le vit avec vous, au plus près
RépondreSupprimerA très vite pour la suite
Passionnant ce récit : on est mentalement avec vous ( sans le stress et la fatigue :-)) Quelle belle aventure !
RépondreSupprimerC'est top de pouvoir vivre ça par procuration à travers vous.
PS: Les photos semblent restituer pourtant assez bien l'ambiance globale de cette ascension
Sophie P.
toujours aussi passionnantes vos aventures !
RépondreSupprimerBravo et chapeau bas !
GROS BISOUS
Quelle aventure !!! Et quelle reussite !!! de quoi vous booster pour la suite de votre periple Bisous et continuez a nous faire rever !! Danielle
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