Huaylla Belen
Huaylla Belen
Dernière balade autour de Chachapoyas... et non des moindres !Suivant les conseils du guide de trekking que nous avons acheté avant notre départ, nous avons eu envie d'aller voir Huaylla Belen. Il s'agit d'un fleuve qui serpente entre deux vallées à la végétation dense (bananiers, caféiers, etc.), au milieu d'un pâturage bien vert (indiquant le niveau d'humidité de la région !). Petit hic cependant, il est bien précisé que l'accès au début de la rando est assez compliqué. En effet, il faut prendre un premier collectivo jusqu'à Luya puis un taxi collectif jusqu'à Cohéchan et de là... espérer qu'une voiture passe pour faire du stop ! On part donc de bonne heure de Chachapoyas car on sait que l'heure de début de la rando est assez incertaine et on a 8h de marche qui nous attendent par la suite.
On prend donc le collectivo à 6h30, mais une fois arrivés au premier village, équipé avec nos gros sacs de rando, on attire rapidement l'attention des taxis collectifs qui nous proposent un transport privé jusqu'au début de la rando à un tarif exorbitant ! Comme on n'aime pas trop profiter du "tarif gringos", on refuse catégoriquement et on reste sur le plan de départ : on enchaîne avec un taxi collectif jusqu'au second village. Et on a même un peu de chance puisqu'à peine posés nos sacs à la sortie du taxi, un second taxi débarque sur la route qu'on doit prendre. Il y a déjà deux personnes à bord : Angel, un péruvien et Steven, un anglais installé au Pérou depuis plusieurs années. Ils nous proposent de monter avec eux puisqu'ils vont dans la même direction. Parfait ! Ils partent en fait en rando à la journée pour "ouvrir" un nouveau chemin de randonnée dans le but de promouvoir la région (encore assez épargnée par le tourisme de masse). Stevens travaille avec la municipalité de la région et est photographe professionnel, Angel est ancien guide et a de la famille dans la région (ça c'est la théorie, on vous garde un peu de suspense...).
Après 15 min de route, le taxi les dépose au milieu de nulle part, au début de leur sentier. Trois options s'offrent à nous : descendre avec eux et tester leur chemin (mais on fait une croix sur la rando initiale qui nous tentait bien), poursuivre avec le taxi jusqu'au début prévu de notre rando... biensûr, toujours à un tarif prohibitif, ou alors marcher le long de la route jusqu'au début de la rando (pas super fun et ça nous fait rallonger notre trek d'une journée).
En plus il fait froid et le taxi s'arrête en plein dans la brume, on ne voit pas à 10m. Ambiance...
Finalement on se rabat sur l'option qui nous semble la plus fiable (à ce moment là :-D) et on suit Angel et Stevens dans leur rando. En plus Angel nous explique que le point d'arrivée est à 2h de marche de notre objectif de la journée, on aura peut-être moyen de revenir en arrière et finalement faire la rando qu'on avait initialement prévue. Et puis ça peut être fun de faire un parcours inédit ! Vamos !
Après une montée facile de 20min, on arrive au point de vue sur Huaylla Belen, il y a un peu de brume mais elle finit par se lever est la vue est sublime ! On imagine ce que ça doit être avec un petit rayon de soleil... (et on aura la chance d'en profiter par la suite).
Rien que pour ça, on n'est pas déçus d'avoir prolongé au nord jusqu'à la région de Chachapoyas, c'est vraiment un endroit magnifique.
On redescend vers le fleuve, sur un chemin bien boueux et assez raviné mais la vue est toujours aussi belle. Petite pause au bord du fleuve pour reprendre des forces avant la montée... parce qu'en effet, après ça monte sacrément ! On apprend à ce moment là qu'Angel a 73 ans. Il ne les fait vraiment pas et marche sacrément bien pour son âge, on est souvent à la traîne... au moins au début de la rando !
On remonte sur le flan opposé de la vallée, pendant trois heures. Le chemin est vraiment très raviné, il y a un peu de travail avant de pouvoir y emmener des groupes de touristes et on imagine que ça doit être chaotique lorsqu'il pleut. La balade reste néanmoins sympa et on rejoint le haut de la montagne avec un super point de vue, parfait pour le pique nique.
Angel nous parle d'un projet qu'il a en tête pour la région, la création de la plus grande cathédrale en plein air au monde, avec construction de routes, d'hôtels, etc. Alors, certes notre espagnol est encore perfectible, mais si, Steven nous confirme qu'on a bien compris. Angel n'a pas vraiment conscience du manque de réalisme de son projet dont il nous parlera pendant toute la longue descente. On apprend aussi qu'il n'est pas guide mais avocat retraité et que ça fait plus de 15 ans qu'il n'est pas venu marcher dans la région... il nous manquait quelques données d'entrée !
On finit le pique-nique vers 15h et il nous annonce 5h de descente jusqu'au village de San Pablo, chez son neveu. Sachant qu'il fait nuit à 18h on sait déjà qu'on va terminer après la nuit tombée mais Angel reste confiant.
On redescend de la montagne à travers une végétation beaucoup plus dense, c'est déjà la selva, et en empruntant un ancien chemin inca (des escaliers assez biscornus). C'est beau mais assez fatiguant. On fait des pauses régulières à chaque clairière car Angel cherche quatre pierres qui repèreront le sanctuaire de sa cathédrale... Nous on est plutôt préoccupés par la nuit et les nuages menaçants et on commence à perdre patience. En plus Angel commence sérieusement à avoir du mal à avancer et on fait des pauses de plus en plus fréquentes. D'ailleurs, on fait une petite pause supplémentaire pour découper le bout de ses chaussures qui lui font mal au gros orteil dans la descente... Bouquet final, une pluie torrentielle s'abat sur nous : on sort les ponchos et on reste vigilants car le chemin devient glissant et on commence à être fatigués.Heureusement le village est visible en contre bas, encore un dernier effort !
Seulement, arrivés en bas, on se rend compte que la mémoire d'Angel lui a encore fait défaut car on n'est pas au hameau de son neveu : il faut encore marcher 1h30. Cette fois c'est sûr on finira à la frontale.
On poursuit donc jusqu'au vrai village de San Pablo, en demandant notre chemin à chaque personne qu'on croise et un jeune homme nous accompagne même jusqu'à la maison du neveu d'Angel parce qu'il ne sait pas laquelle c'est.
Bref, après 12h de rando, on arrive trempés à 20h chez des gens, qui n'ont pas été prévenus de notre arrivée mais qui ont l'air de comprendre qui est Angel. Il y a une coupure d'électricité ce soir-là mais ils nous proposent gentiment de manger une assiette de soupe maison (délicieuse et très riche : à base de bananes plantains et de haricots rouges). Puis ils sortent des matelas pour les installer pour nous dans la pièce adjacente afin que l'on puisse dormir. On prendra finalement l'option de camper la tente dans le jardin, on aime bien notre petit cocon et on ne veut pas abuser de leur hospitalité.
Cette journée épuisante aura eu raison de nous et on choisit finalement de ne pas enchaîner sur la rando de 3 jours mais de revenir à Chachapoyas le lendemain. Pour cela, une seule option : il y a une jeep qui part chaque jour à 6h du matin, du hameau voisin. On sécurise notre heure de départ, n'ayant pas franchement envie de louper cette option ! Levés à 5h, départ à 5h30, on remercie nos hôtes et on prend le chemin. Angel et Steven ne sont pas réveillés (ils avaient prévu de partir en même temps que nous normalement) on part donc sans leur dire réellement au revoir et merci pour cette sacrée aventure... En tous cas on aura vu des paysages sublimes et fait de belles rencontres avec, en prime, une nuit chez l'habitant !
On aide à charger la Jeep avec les nombreuses caisses de bouteilles de bière consignées qui vont jusqu'à Chachapoyas et on embarque. Le conducteur, Marcos, est assez jeune et est ravi de discuter avec nous, ça sera l'occasion pour Thibaut de travailler son espagnol... pendant 5h ! (et même d'expliquer comment fonctionne un moteur d'avion en espagnol...chapeau !).
Les paysages sont très beaux, on traverse des hameaux très isolés, des plantations de bananes et café et notre conducteur nous donne toutes sortes d'informations très intéressantes sur le Pérou. On ne voit (presque) pas le temps passer ! Marcos est tellement sympa qu'il s'arrête régulièrement pour nous permettre de faire des photos de Huaylla Belen au soleil, alors qu'on n'est pas les seuls passagers.
De retour à Chachapoyas, on se fait un petit ceviche sur le marché et on organise notre transfert à la prochaine étape : Cusco ! Pour cela, 24h de bus jusqu'à Lima, une escale de 6h, puis 24h de bus jusqu'à Cusco (en sièges inclinables à 180° cette fois, quel luxe !).
On aura vraiment adoré le nord du Pérou, les paysages variés, la gentillesse des personnes qu'on a rencontrées et le fait que ce soit un peu moins touristique que le sud du pays. Bref, vous l'aurez compris : on recommande !
Quelle belle étape au plus près de la vie locale ! A travers vos récits et photos, on est définitivement convaincu d'aller un jour au Pérou...Continuez-bien, on vous suit ! Annie
RépondreSupprimerEffectivement cela donne des idées mais avec peut-être un peu moins "d'aventures" même si cela a l'avantage de permettre de belles rencontres. Profitez bien
RépondreSupprimerQuel plaisir de vous lire, belle aventure, le goût du risque et quelques rires francs arrachés (plus facile d'en rire après coup). Grandissimos Besos de Lyon
RépondreSupprimerBon ben rock and roll( no habla espagnol...) ce trip-là !!! C'est beau la jeunesse !
RépondreSupprimerJ'aurais bien aimé voir la tête de Marcos écoutant Thibaut parlant moteurs d'avion , le tout en espagnol !!! Déjà qu'en français , pour les non-initiés , c'est pas easy easy ..... alors là le gars a dû en baver .....
A bientôt sur le blog les amoureux
Sophie P.
Au fait, où trouve-t-on sur ce blog , la carte géographique pour situer précisément le lieu de chacune de vos aventures ?
RépondreSupprimerJe suis allée sur l'onglet "où sommes-nous " et je n'ai eu que votre carte du départ avec le trajet en avion ......
Sophie P.